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Évaluer par compétences : épreuve, barème et intégration

Construire une épreuve APC avec barème, rédiger une situation d’intégration en trois situations, bâtir la grille de critères et exploiter les résultats.

La rédaction Ekolbi 6 min de lecture

Sommaire
  1. Les deux niveaux d’évaluation
  2. Construire la partie ressources
  3. Construire la situation d’intégration
  4. La grille de critères
  5. La règle des deux tiers et celle des trois quarts
  6. Exploiter les résultats pour la remédiation
  7. Les erreurs à éviter
  8. Pour aller plus vite

Corriger, mettre une note, passer à la suite : en APC, la note seule ne dit ni ce que l’élève sait faire, ni ce qu’il faut reprendre avec lui. Une épreuve en deux parties, avec barème, situation d’intégration et grille de critères, vous donne directement votre remédiation.

Les deux niveaux d’évaluation

NiveauCe qu’on vérifieForme habituelle
Les ressourcesLes savoirs et savoir-faire appris séance après séanceExercices courts, un item par objectif
La compétenceLa capacité à mobiliser ces ressources dans une situation nouvelle et complexeSituation d’intégration avec grille de critères

Un élève peut réussir tous les exercices de technique opératoire et échouer face à un problème de la vie courante. Gardez les deux parties séparées.

À retenir : les exercices de ressources disent si l’élève possède les outils. La situation d’intégration dit s’il sait s’en servir.

Construire la partie ressources

Partir des objectifs du palier

Faites correspondre chaque item à un OA ou un OS travaillé depuis le début du palier. Un objectif important sans item, c’est un manque. Un item sans objectif travaillé, retirez-le.

Prenons le palier 2 des activités numériques du CM2, de la semaine 11 à la semaine 19 : lecture et écriture des nombres décimaux, comparaison, puis les quatre opérations sur les décimaux. La progression est détaillée sur la page activités numériques du CM2.

Établir le barème

Fixez-le avant de distribuer l’épreuve.

  • Un barème par item, connu à l’avance, noté en marge de chaque exercice.
  • Des points proportionnels à l’importance de l’objectif, et non à la longueur de l’exercice.
  • Des points détaillés pour les exercices à plusieurs étapes, pour qu’une seule erreur ne fasse pas tout perdre.
ItemObjectif viséPoints
Écrire en chiffres trois nombres décimaux dictésLire et écrire les décimaux3
Ranger cinq nombres décimaux dans l’ordre croissantComparer les décimaux3
Poser et effectuer une addition et une soustractionOpérations sur les décimaux4
Poser et effectuer une multiplicationMultiplication des décimaux2
Poser et effectuer une division avec quotient décimalDivision des décimaux3

Adaptez le total (ici 15 points) à l’usage de votre école.

Construire la situation d’intégration

Ce que contient une bonne situation

Une situation d’intégration pose un problème proche de la vie réelle, que l’élève résout en mobilisant plusieurs acquis du palier. Elle comporte :

  1. Un contexte familier : où, qui, pourquoi.
  2. Un support : un texte, un tableau, une facture, une image, des données chiffrées.
  3. Une consigne claire : ce que l’élève doit produire.

Elle est nouvelle pour l’élève, mais de la même famille que celles travaillées pendant la semaine d’intégration.

Pourquoi trois situations

Pour juger un critère, l’élève a besoin de plusieurs occasions indépendantes de le montrer : trois situations de la même famille, ou une situation à trois consignes indépendantes. Une erreur isolée ne le condamne pas, une réussite isolée ne suffit pas.

Exemple : intégration du palier 2, CM2

Contexte : votre école prépare la journée de l’excellence. La coopérative scolaire fait des achats et organise des épreuves sportives.

Situation 1 : pour les banderoles, le directeur achète 12,5 m de tissu à 1 800 FCFA le mètre. Il paie avec un billet de 10 000 FCFA et trois billets de 5 000 FCFA. Calcule la somme que le commerçant doit lui rendre.

Situation 2 : la cantine reçoit 3 sacs de riz de 50 kg et 2 sacs de 25,5 kg. Elle utilise 18,75 kg de riz par jour. Calcule la quantité de riz qui restera après 8 jours.

Situation 3 : à la course de vitesse, Awa réalise 15,8 secondes, Binta 16,25 secondes et Fatou 15,45 secondes. Classe les trois filles de la plus rapide à la plus lente, puis calcule l’écart entre la première et la dernière.

Réponses attendues : 22 500 FCFA de dépense, donc 2 500 FCFA à rendre ; 201 kg reçus, 150 kg utilisés, donc 51 kg restants ; Fatou, puis Awa, puis Binta, avec un écart de 0,8 seconde.

La situation 3 sert aussi au diagnostic : un élève qui classe Awa (15,8) devant Fatou (15,45) parce que « 8 est plus petit que 45 » a une difficulté précise sur la comparaison des décimaux.

La grille de critères

Critères minimaux et critère de perfectionnement

Une situation d’intégration se corrige critère par critère.

  • Les critères minimaux sont indispensables pour dire que la compétence est maîtrisée. En mathématiques, on retient souvent :
    • CM1, pertinence : l’élève a compris la situation et choisi les bonnes opérations ;
    • CM2, utilisation correcte des outils : les calculs sont justes ;
    • CM3, cohérence : la réponse est plausible, avec la bonne unité et une phrase-réponse.
  • Le critère de perfectionnement valorise la qualité sans être indispensable : présentation soignée, lisibilité, originalité de la démarche.

Les intitulés varient selon les disciplines et les IEF. En production d’écrits, on parle d’adéquation à la consigne, de correction de la langue et de cohérence du texte.

Le barème de la situation

Barème possible, sur 20 points :

CritèreSituation 1Situation 2Situation 3Total
CM1 Pertinence2226
CM2 Outils3339
CM3 Cohérence1113
CP Présentation2
Total20

La grille de correction

Pour chaque élève, notez par critère et par situation si le critère est satisfait.

ÉlèveCM1 (S1, S2, S3)CM2 (S1, S2, S3)CM3 (S1, S2, S3)CP
Élève Aoui, oui, ouioui, non, ouioui, oui, nonoui
Élève Boui, non, nonnon, non, ouinon, oui, nonnon

L’élève A maîtrise les trois critères minimaux. L’élève B n’en maîtrise aucun : la grille montre par où commencer.

La règle des deux tiers et celle des trois quarts

Ces règles viennent de la pédagogie de l’intégration, dont s’inspire l’APC au Sénégal. Leur usage varie d’une circonscription à l’autre : vérifiez auprès de votre conseiller pédagogique ou de votre IEF.

La règle des deux tiers porte sur la maîtrise d’un critère. Un critère minimal est en général maîtrisé quand l’élève le satisfait au moins deux fois sur trois. C’est le cas de l’élève A pour CM2, malgré son erreur de calcul dans la situation 2.

La règle des trois quarts porte sur le barème. Les critères minimaux portent au moins les trois quarts des points (18 sur 20 dans l’exemple), le perfectionnement le reste. La présentation seule ne peut pas faire une bonne note, et la forme ne pénalise pas lourdement un élève compétent.

À retenir : trois situations, un critère maîtrisé à deux sur trois, et des critères minimaux qui pèsent au moins les trois quarts du barème.

Exploiter les résultats pour la remédiation

Faire le tableau de classe

Pour chaque critère et chaque item, comptez les élèves qui le maîtrisent. Les besoins dominants apparaissent en quelques minutes.

Interpréter les difficultés

Ce que vous observezCe que cela indique souventPiste de remédiation
CM1 non maîtriséDifficulté à comprendre la situation ou à choisir l’opérationLecture guidée d’énoncés, reformulation, schéma de la situation
CM2 non maîtrisé, ressources réussiesLes techniques sont connues mais mal mobilisées en contexteSituations courtes avec une seule opération, puis deux
CM2 non maîtrisé, ressources échouéesTechnique opératoire non acquiseReprise de la technique avec matériel et exercices gradués
CM3 non maîtriséRéponse non vérifiée, unités oubliéesHabitude de relecture et d’estimation de l’ordre de grandeur
Erreur ciblée sur un itemDifficulté sur une notion préciseAtelier sur cette notion seule

Organiser la remédiation

Formez les groupes de besoin à partir de la grille : deux élèves qui ont la même note peuvent avoir des difficultés très différentes. Après la remédiation, proposez une nouvelle situation de la même famille pour vérifier les progrès.

Pour organiser les groupes, voyez la remédiation pédagogique ; pour placer les semaines d’intégration dans l’année, la planification annuelle.

Les erreurs à éviter

  • Un exercice déguisé en situation d’intégration. Si une seule opération suffit, la situation n’est pas complexe.
  • Une situation déjà traitée en classe. Elle mesure la mémoire.
  • Des situations qui ne permettent pas d’observer chaque critère minimal.
  • Un barème fixé après la correction. Il devient difficile de rester équitable.
  • Une épreuve corrigée mais non exploitée. Sans tableau de classe, vous perdez l’information la plus utile.

Pour aller plus vite

Sur Ekolbi, vous générez à partir du programme de votre classe une évaluation avec son barème, ou une épreuve d’intégration en trois situations avec sa grille de critères. Vous pouvez aussi corriger une épreuve à partir d’une photo et obtenir des activités de remédiation ciblées sur la difficulté observée.