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Les standards ANAQ-Sup qui font refuser une accréditation

Maquette, couverture disciplinaire, volumes horaires du PER : ce que les décisions et les rapports d’experts publiés montrent sur les refus d’accréditation.

La rédaction Ekolbi 7 min de lecture

Sommaire
  1. Ce que disent les décisions
  2. Ce que disent les rapports d’experts
  3. Standard 3.01 : la maquette et les plans de cours
  4. Standard 3.02 : la couverture de la discipline et les méthodes
  5. Standard 4.02 : la répartition du temps des enseignants
  6. Standard 4.01 : la compétence du corps enseignant
  7. Les standards qui échouent sans être décisifs
  8. Ce que les refus ont en commun
  9. Un autodiagnostic en dix questions
  10. Avec Ekolbi CIAQ

Les 20 standards du référentiel de programme de l’ANAQ-Sup n’ont pas le même poids. Certains échouent presque partout sans empêcher l’accréditation. D’autres départagent les programmes accrédités et refusés.

Sources : les communiqués du Conseil scientifique (CS) de l’ANAQ-Sup et les rapports d’évaluation externe publiés sur anaqsup.sn. Ces constats servent à fixer vos priorités avant la visite ; ils ne préjugent d’aucune décision.

Ce que disent les décisions

Un programme privé sur trois n’est pas accrédité

Sur dix sessions du Conseil scientifique, de juillet 2022 à juillet 2026, 228 programmes privés ont été examinés :

IssueProgrammesPart
Accrédités15467,5 %
Refusés5323,2 %
Suspendus219,2 %

Source : communiqués du Conseil scientifique de l’ANAQ-Sup, dix sessions, calcul Ekolbi.

Sur les mêmes sessions, 104 des 116 programmes publics ont été accrédités, soit 89,7 %.

Pour les programmes privés, le taux d’accréditation passe d’environ 62 % sur les sessions de 2025 à environ 86 % sur celles de 2026. Les communiqués n’expliquent pas cet écart, et deux années ne font pas une tendance.

Sur une période plus longue, 218 des 279 programmes évalués de 2020 à 2023 ont été accrédités (environ 78 %, publics et privés confondus ; ANAQ-Sup, communiqué du 2 décembre 2024).

Ce que disent les rapports d’experts

Les communiqués ne donnent pas les motifs des refus. Nous avons donc analysé dix rapports d’évaluation externe de programmes privés, publiés entre 2022 et 2026 : sept refus et trois accréditations. L’échantillon est petit, composé surtout de programmes de gestion, et non représentatif. Ses régularités restent nettes.

ConstatRefus (7)Accréditations (3)
3.01 ou 3.02 non atteint6 sur 70 sur 3
4.02 non atteint5 sur 70 sur 3
4.03 (mobilité du PER) non atteint7 sur 73 sur 3
Nombre de standards non atteints3 à 72 ou 3

Source : dix rapports d’évaluation externe publiés par l’ANAQ-Sup (2022-2026), analyse Ekolbi.

À retenir : les programmes accrédités de l’échantillon gardent deux ou trois standards non atteints, liés à la mobilité et à l’insertion, et aucun n’a manqué 3.01, 3.02 ou 4.02. Les refus se jouent sur le curriculum et l’équipe enseignante : maquette, syllabus, contrats des enseignants.

Le rapport d’activités 2019 de l’ANAQ-Sup allait dans le même sens. Parmi les recommandations adressées aux programmes privés, 30 % portaient sur le système LMD, les syllabus, les plans de cours et la maquette, 27 % sur la gouvernance et 16 % sur les équipements et infrastructures (p. 35).

Standard 3.01 : la maquette et les plans de cours

Le référentiel. Le programme dispose d’une maquette structurée et de plans de cours conformes à une mise en œuvre coordonnée du LMD : chaque UE a un plan de cours et un syllabus ajustés entre eux.

Les constats des experts.

  • une maquette différente de celle des relevés de notes ;
  • une nouvelle maquette appliquée avant sa validation par les instances ;
  • des syllabus absents, incomplets ou non harmonisés ;
  • des volumes horaires très déséquilibrés entre éléments constitutifs ;
  • des semestres à plus de 30 crédits, ou un travail personnel de l’étudiant hors des proportions de l’article 17 du décret 2012-1114.

Les preuves. Une maquette unique, datée, validée par l’instance compétente, avec son PV. Un syllabus par UE, sur un modèle commun. Un contrôle croisé entre la maquette, les relevés des trois dernières promotions et les emplois du temps.

Standard 3.02 : la couverture de la discipline et les méthodes

Le référentiel. Le programme couvre les aspects principaux de la discipline, prépare au marché du travail et adapte ses méthodes d’enseignement et d’évaluation à ses objectifs. C’est le standard le plus dense : dix points de référence, dont la concordance entre le temps réel d’études et celui prévu par la maquette.

Les constats des experts.

  • des modules fondamentaux de la discipline absents de la maquette ;
  • des enseignements périphériques qui pèsent plus que le cœur de métier ;
  • des syllabus contredits par les cahiers de textes ;
  • des conventions de stage non formalisées.

Les preuves. Une maquette confrontée aux référentiels de compétences du métier visé et aux programmes comparables. Des cahiers de textes complets, signés, cohérents avec les syllabus. Des conventions et des rapports de stage conservés.

Standard 4.02 : la répartition du temps des enseignants

Le référentiel. La répartition du volume horaire des enseignants entre enseignement, recherche, expertise et administration est définie et précisée dans les contrats ou cahiers des charges. Le temps réellement consacré correspond au temps prévu.

Les constats des experts.

  • des contrats absents pour une partie du corps enseignant ;
  • des contrats muets sur la répartition des heures entre activités ;
  • des heures de recherche non précisées ;
  • un écart entre les heures prévues et les heures constatées dans les cahiers de textes.

Les preuves. Un contrat ou un cahier des charges par enseignant, permanent ou vacataire, avec une répartition horaire explicite. Des emplois du temps, des fiches de suivi des encadrements et des cahiers de textes pour comparer heures prévues et réalisées.

Standard 4.01 : la compétence du corps enseignant

Moins fréquent dans les refus de notre échantillon, le 4.01 porte lui aussi sur l’équipe enseignante. Nous le classons parmi les standards décisifs.

Les constats des experts.

  • des CV absents, qui empêchent d’attester la capacité à enseigner ;
  • un recrutement sans appel à candidatures ni critères écrits ;
  • aucun permanent docteur dans la discipline ;
  • des mémoires encadrés sans enseignant de rang A ;
  • une part de vacataires jugée trop élevée.

Les preuves. Des critères de sélection écrits, un CV à jour par enseignant, une liste du PER avec grades, spécialités, statuts et enseignements, et des évaluations des enseignements exploitées et transmises aux intéressés.

Les standards qui échouent sans être décisifs

Deux standards ne sont presque jamais atteints dans l’échantillon :

  • 4.03, la mobilité du PER, non atteint dans les dix rapports ;
  • la mobilité des étudiants (5.04 ou 5.03, selon la numérotation en usage en 2025 et 2026), non atteinte dans neuf rapports sur dix.

Un rapport demande même à l’ANAQ-Sup de revoir ces exigences, jugées difficiles pour le privé. Documentez ce qui existe (invitations, missions, conventions), sans y consacrer le temps dû aux standards décisifs.

L’insertion (5.05) reste aussi non atteinte dans des programmes accrédités ; une enquête annuelle auprès des diplômés aide à la documenter.

Ce que les refus ont en commun

Dans notre échantillon, un refus combine presque toujours un défaut de fond (maquette ou équipe enseignante) et des preuves absentes ou incohérentes. Une bonne équipe que le dossier ne démontre pas peut mener au refus. Un dossier complet et cohérent passe avec quelques standards non atteints.

L’ordre de priorité en découle :

  1. Vérifier la cohérence entre maquette, relevés, syllabus et cahiers de textes.
  2. Réunir un CV et un contrat détaillé pour chaque enseignant.
  3. Combler les manques de fond, ou différer la candidature si le délai est trop court.
  4. Documenter ensuite la mobilité et l’insertion.

Sur le troisième point : si vous savez dès octobre que le 4.02 ne sera pas atteint, vous pouvez encore contractualiser, recruter ou reporter le dépôt, et ne pas perdre une vague ni les 500 000 FCFA de frais par programme (AMI vague 2027).

Un autodiagnostic en dix questions

Avant de présenter un programme, répondez à ces dix questions. Un « non » aux six premières appelle un plan d’action immédiat.

  1. La maquette en vigueur est-elle validée par l’instance compétente, PV au dossier ?
  2. Les relevés de notes des trois dernières promotions reprennent-ils exactement cette maquette ?
  3. Chaque UE a-t-elle un syllabus, sur un modèle commun ?
  4. Les cahiers de textes concordent-ils avec les syllabus et les volumes horaires de la maquette ?
  5. Chaque enseignant, permanent ou vacataire, a-t-il un contrat qui répartit ses heures ?
  6. Chaque enseignant a-t-il un CV à jour, cohérent avec ses enseignements ?
  7. Les modules fondamentaux de la discipline figurent-ils dans la maquette, avec assez d’heures ?
  8. Les mémoires sont-ils encadrés ou supervisés par des enseignants de rang approprié ?
  9. Les conventions de stage sont-elles signées, datées et conservées ?
  10. Les taux de réussite par UE sont-ils suivis sur trois ans, et les baisses expliquées ?

Elles ciblent les défauts les plus relevés dans les refus publiés ; le référentiel reste la grille complète.

Pour situer ces standards dans la démarche : notre guide complet de l’autoévaluation ANAQ-Sup. Pour la rédaction : comment rédiger un rapport recevable dès la première version.

Avec Ekolbi CIAQ

Ekolbi CIAQ établit un bilan sur les 20 standards, en commençant par 3.01, 3.02, 4.01 et 4.02, avec un plan d’action qui cite les pièces ; son cahier de textes rapproche les heures réalisées de la maquette (3.02 et 4.02). Ekolbi ne rend aucun verdict officiel : il montre au comité ce qu’un évaluateur relèverait.