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Rapport d’autoévaluation ANAQ-Sup : recevable dès la 1re version

En 2019, les rapports des établissements privés candidats à l’habilitation étaient recevables en moyenne à la 3e version. La méthode pour viser la première.

La rédaction Ekolbi 7 min de lecture

Sommaire
  1. Ce que l’ANAQ-Sup attend d’un rapport
  2. Le plan à respecter, section par section
  3. Écrire un standard en quatre temps
  4. Les sections que l’on bâcle
  5. Les causes les plus courantes d’un rapport renvoyé
  6. Une méthode en six règles
  7. Le calendrier de rédaction
  8. Le contrôle final avant l’envoi
  9. Avec Ekolbi CIAQ

La visite des experts n’a lieu qu’une fois le rapport d’autoévaluation jugé recevable par l’ANAQ-Sup. Chaque aller-retour repousse de plusieurs semaines la visite, puis la décision. Dans son rapport d’activités 2019, l’ANAQ-Sup observe qu’« en moyenne, les rapports d’autoévaluation sont jugés recevables à partir de la troisième version soumise et traitée » (p. 26). Ce constat porte sur les établissements privés candidats à l’habilitation. La même année, l’agence annonçait une étude sur les difficultés des établissements à produire un rapport recevable « au premier coup ».

Les programmes connaissent les mêmes allers-retours. En 2019, sur 134 programmes privés candidats à l’accréditation, 109 ont soumis un rapport et 82 ont été jugés recevables « à la suite de leur exploitation et des échanges avec les établissements », soit environ 75 % (p. 35).

Ce que l’ANAQ-Sup attend d’un rapport

Le guide d’autoévaluation, validé par le Conseil scientifique les 20 et 21 mars 2023, pose trois exigences.

  • Un format contraint : 30 à 60 pages, annexes comprises, selon un plan imposé.
  • Une double nature : le rapport est « à la fois un document descriptif et analytique », et ces deux dimensions « doivent être clairement distinguées et identifiées ».
  • Un droit de regard : l’ANAQ-Sup « se réserve le droit de demander certaines modifications » si le rapport n’est pas conforme. D’où les versions successives.

Le plan à respecter, section par section

SectionContenu attenduPiège fréquent
CouvertureTitre, établissement, programme, date de remiseDate absente ou erronée
Page de signatureSignature de la plus haute autoritéPage non signée ou signée par un tiers
Table des matièresChamps et standardsSommaire calqué sur un autre référentiel
Sigles et abréviationsListe complèteSigles utilisés mais non définis
IntroductionObjet, intérêt attendu, méthodologie, principaux résultatsMéthodologie réduite à une phrase
PrésentationHistorique, contexte, objectifs du programmeChiffres différents de ceux de l’analyse
Comité ad hocMembres, responsabilités, statuts, contactsComposition non conforme au guide
Analyse par standardRéponses, analyse, remarques, position argumentéeDescription sans analyse
Synthèse par champForces, faiblesses, recommandations, perspectivesSynthèse absente pour certains champs
Recommandations passéesRappel et niveau de mise en œuvreSection oubliée lors d’un renouvellement
Synthèse généralePoints forts, points faibles, perspectives, recommandationsSimple copie des synthèses par champ
ConclusionAppréciation générale, perspectivesConclusion promotionnelle

Sur le dernier piège : le guide demande une « vision complète et critique » du programme. Un rapport sans aucune faiblesse perd sa crédibilité, et les experts les trouveront pendant la visite.

Écrire un standard en quatre temps

Le guide impose quatre éléments par standard, établis « sur la base d’éléments de preuve ».

1. Répondre aux questions

Répondez une à une aux questions du référentiel, factuellement, en citant la pièce et son numéro d’annexe.

2. Analyser au regard des points de référence

Pour chaque point de référence (critère d’atteinte), dites s’il est satisfait. « Le programme dispose de syllabus » décrit. « 18 UE sur 20 disposent d’un syllabus conforme au modèle ; les deux manquantes sont des UE optionnelles ouvertes cette année » analyse.

3. Formuler remarques et recommandations

Une recommandation utile est concrète, datée et attribuée. « Améliorer la qualité » ne remplit aucune de ces conditions.

4. Prendre position

Concluez par ATTEINT ou NON ATTEINT, argument à l’appui, sans position intermédiaire. Un standard non mesurable pour votre programme se signale et s’explique.

À retenir : un NON ATTEINT assorti d’une analyse lucide et d’un plan d’amélioration vaut mieux qu’un ATTEINT fragile. Les experts vérifient chaque affirmation pendant la visite.

Exemple : le standard 3.04

Le standard 3.04 porte sur le taux de réussite. Remplacez les crochets par vos données.

Réponses aux questions. « Le programme suit les taux de réussite, de passage, d’achèvement et d’abandon par unité d’enseignement depuis [année]. Les données des trois dernières années figurent en annexe [A12]. Les PV de délibération sont en annexe [A13]. »

Analyse. « Premier point de référence satisfait : les statistiques existent par UE. Second point partiellement satisfait : le taux de réussite de [UE] a baissé de [x] points en deux ans. Un tutorat existe depuis [année] (annexe [A14]) ; son effet reste à mesurer. »

Remarques et recommandations. « Mesurer l’effet du tutorat en fin de semestre et présenter l’analyse au conseil pédagogique de [mois]. Responsable : coordinateur de la licence. »

Position. « ATTEINT. Le programme dispose des statistiques requises et a engagé des mesures documentées pour l’UE en difficulté. »

Chaque phrase renvoie à une pièce : le texte reste court et vérifiable.

Les sections que l’on bâcle

Les sections courtes sont lues en premier, et souvent négligées.

  • L’introduction : la méthodologie dit comment le comité a travaillé (réunions, sources consultées, enquêtes, personnes interrogées).
  • La présentation du programme : ses chiffres doivent être ceux de l’analyse.
  • La liste du comité : le guide fournit un modèle (prénom et nom, fonction, statut dans le comité, téléphone ou courriel), avec une majorité d’enseignants pour un programme.
  • Les synthèses : chaque champ a la sienne ; la synthèse générale les hiérarchise.

Les causes les plus courantes d’un rapport renvoyé

Les rapports d’évaluation externe publiés commentent souvent le rapport d’autoévaluation, avec des reproches récurrents :

  • des chiffres incohérents d’une section à l’autre : effectifs, nombre de sites, taux de réussite ;
  • une analyse « davantage descriptive qu’analytique », avec peu de données chiffrées ;
  • un sommaire construit sur le mauvais référentiel ;
  • un rapport jugé mal structuré ;
  • des sections dupliquées ;
  • une longueur excessive : beaucoup de rapports publiés dépassent largement 60 pages, souvent faute d’avoir trié les annexes.

La plupart des renvois viennent de données mal consolidées. Un établissement évalué en 2026 a d’ailleurs demandé un appui à l’harmonisation de ses données.

Une méthode en six règles

Règle 1 : une source unique pour chaque chiffre

Avant de rédiger, constituez un tableau de référence : effectifs par année et par sexe, taux de réussite par UE sur trois ans, enseignants par statut et par grade, taux d’encadrement. Toutes les sections y puisent, sans ressaisie.

Règle 2 : les preuves avant le texte

Ne rédigez un standard qu’une fois ses preuves réunies et rangées : un texte écrit sans preuve sera à refaire.

Règle 3 : des annexes numérotées et citées

Numérotez les annexes dans un ordre stable (A01, A02…) et citez-les dans le texte. Ne joignez que ce qui sert un standard : le plafond de 60 pages inclut les annexes.

Règle 4 : un modèle commun à tous les rédacteurs

Avec cinq à dix rédacteurs, le rapport perd vite sa cohérence. Donnez à chacun un modèle par standard, bâti sur les quatre temps.

Règle 5 : une relecture croisée ciblée

Un membre du comité relit uniquement les chiffres et la concordance des pièces : maquette citée et relevés, syllabus et cahiers de textes, volumes horaires et contrats.

Règle 6 : une validation formelle

Le projet est validé par le comité, puis signé par la plus haute autorité, comme le prévoit le guide. Inscrivez ces deux étapes au calendrier, avec leur PV.

Le calendrier de rédaction

Le guide prévoit deux à quatre mois d’autoévaluation et une remise au plus tard quatre mois après le lancement. Sur douze semaines :

SemainesÉtape
1Installation du comité, échéancier, répartition des champs
2 à 5Collecte des preuves et constitution du tableau de données
6 à 8Rédaction des standards, champ par champ
9Synthèses par champ, synthèse générale, introduction, conclusion
10Relecture croisée des chiffres et des pièces
11Validation par le comité, corrections
12Signature et remise à l’ANAQ-Sup

Gardez de la marge avant la date limite. Le rapport ne se partage avec les acteurs du programme qu’après notification de sa recevabilité.

Le contrôle final avant l’envoi

La veille de la remise, vérifiez que :

  • le rapport suit l’ordre des sections du guide ;
  • la couverture porte la date de remise ;
  • la plus haute autorité a signé la page de signature ;
  • les 20 standards sont traités, chacun avec une position argumentée ;
  • chaque champ a sa synthèse ;
  • les effectifs, taux et ratios sont identiques partout ;
  • chaque annexe citée existe, et chaque annexe jointe est citée ;
  • le total ne dépasse pas 60 pages, annexes comprises ;
  • les sigles utilisés figurent dans la liste.

Pour la démarche complète : notre guide complet de l’autoévaluation et la check-list d’autoévaluation ANAQ-Sup.

Avec Ekolbi CIAQ

Ekolbi CIAQ range sous chaque standard les pièces déposées en vrac, signale « à vérifier » celles qui posent un doute et produit le dossier Word au plan du guide, avec des annexes numérotées citées dans le texte. Ekolbi ne rend aucun verdict officiel : la position sur chaque standard reste celle du comité.